« Puisse ce tribunal prévenir le crime de silence »
... furent les mots prononcés par Bertrand Russell le 3 novembre 1966 à l’occasion de la première rencontre des membres du Tribunal
international contre les crimes de guerre mis en place pour enquêter sur les crimes qui se commettaient au Vietnam et les juger au regard du droit
international. Auprès du philosophe, un groupe d’intellectuels éminents tels que Jean-Paul Sartre, qui en assurera la présidence, Lelio Basso, Guenther Anders, James Baldwin, Simone de Beauvoir, Lazaro Cardenas, Stokely Carmichael, Isaac Deutscher, Gisèle Halimi, Laurent Schwartz…Ce tribunal prendra le nom de "Tribunal
Russell."
Le Tribunal Russell n’a aucun caractère légal mais agit comme un tribunal populaire des consciences face aux injustices et aux violations du droit international
qui ne sont pas prises en compte par les juridictions légales internationales ou qui, quand elles le sont, continuent de se perpétrer en toute impunité du fait du manque de volonté politique de
la communauté internationale.
Aujourd’hui et toujours dans le même esprit, la Fondation pour la Paix Bertrand Russell parraine la mise en place
d’un Tribunal Russell sur la Palestine. Il réaffirmera la primauté du droit international comme base du règlement du conflit israélo-palestinien. Il se
chargera d’identifi er les manquements à l’application de ce droit et d’en condamner tous les auteurs devant l’opinion publique internationale.
Il examinera les diverses responsabilités qui mènent à la persistance de l’occupation des territoires palestiniens par Israël et la non-application des différentes
résolutions des Nations Unies, depuis la résolution 181 du 29 novembre 1947 du plan de
partage de la Palestine en passant par la résolution ES-10/15 du 20 juillet 2004 qui
reconnaît l’avis de la Cour internationale de Justice (CIJ) du 9 juillet 2004 sur la construction d’un mur par Israël en territoires palestiniens occupés et qui demande à tous les Etats membres
de l’ONU de s’acquitter de leurs obligations juridiques telles qu’elles sont énoncées dans l’avis. Il s’agira donc d’examiner les responsabilités tant
d’Israël que d’autres Etats, en particulier les Etats-Unis, les Etats de l’Union européenne et les Etats Arabes, et des organisations internationales impliquées (Nations Unies, Union
européenne, Ligue arabe…)
Ce Tribunal entend également par sa démarche participer à la mobilisation et à l’implication de la société civile de l’ensemble des Etats concernés sur la question
de la Palestine.
Le Tribunal Russell sur la Palestine est constitué de personnalités de toutes origines, y compris d’Israël qui sera l’un des Etats soumis à l’examen. La légitimité
du Tribunal Russell sur la Palestine ne vient d’aucun gouvernement ou parti politique mais du prestige, de la carrière et de l’engagement à l’égard des droits fondamentaux des membres qui
le composent.