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    <title><![CDATA[Tribunal Russell sur la Palestine - France (UNION EUROPEENNE)]]></title>
    <link>http://www.tribunalrussell-france.org/categorie-11137438.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;UNION EUROPEENNE&quot; du blog &quot;Tribunal Russell sur la Palestine - France&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Tribunal Russell sur la Palestine - France (UNION EUROPEENNE)]]></title>
        <link>http://www.tribunalrussell-france.org/categorie-11137438.html</link>
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    <pubDate>Tue, 15 Jun 2010 22:38:50 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Tue, 15 Jun 2010 22:38:50 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010 www.tribunalrussell-france.org</copyright>            <category>UNION EUROPEENNE</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Le respect par l’Union européenne de ses obligations internationales en relation avec la construction par Israël du Mur en territoire palestinien occupé]]></title>
        <link>http://www.tribunalrussell-france.org/article-la-complicite-passive-de-l-union-europeenne-carte-blanche-a-israel-47413867.html</link>        <description><![CDATA[Rapport présenté au tribunal de Barcelone par François Dubuisson, Professeur Assistant, Centre de droit international de l’Université Libre de Bruxelles (ULB)
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/3/29/15/65/dubuisson.jpg" class="GcheTexte" alt="dubuisson" height="101" width="150">Dans son avis consultatif rendu le 9 juillet 2004 dans l’affaire
    concernant les <em>Conséquences juridiques de la construction d’un mur en Territoire palestinien occupé</em><a href="#_ftn1">[1]</a> (ci-après&nbsp;«&nbsp;l’avis&nbsp;»), la Cour a conclu à
    l’illégalité de la construction par Israël du «&nbsp;Mur&nbsp;» et du régime juridique qui y est associé. Cette construction, dans la mesure où elle se faisait en territoire palestinien occupé, a
    été jugée comme étant contraire au droit international humanitaire, à divers instruments concernant les droits de l’homme, ainsi qu’au principe du droit des peuples à l’autodétermination. En
    conséquence, la Cour a non seulement indiqué qu’Israël avait l’obligation de cesser l’érection du mur et de détruire les portions déjà construites mais a également établi que pesaient sur les
    Etats tiers et les Nations Unies une série d’obligations juridiques visant l’Etat d’Israël, formulées de la manière suivante&nbsp;:
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    - «&nbsp;Tous les Etats sont dans l'obligation de ne pas reconnaître la situation illicite découlant de la construction du mur et de ne pas prêter aide ou assistance au maintien de la situation
    créée par cette construction; tous les Etats parties à la quatrième convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, du 12 août 1949, ont en outre
    l'obligation, dans le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international, de faire respecter par Israël le droit international humanitaire incorporé dans cette
    convention&nbsp;»&nbsp;;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    - «&nbsp;II appartient par ailleurs à tous les Etats de veiller, dans le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international, à ce qu'il soit mis fin aux entraves, résultant de la
    construction du mur, à l'exercice par le peuple palestinien de son droit à l'autodétermination&nbsp;»&nbsp;;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    - «&nbsp;L'Organisation des Nations Unies, et spécialement l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité, doit, en tenant dûment compte du présent avis consultatif, examiner quelles nouvelles
    mesures doivent être prises afin de mettre un terme à la situation illicite découlant de la construction du mur et du régime qui lui est associé&nbsp;».
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    Comme on peut le constater, la mise en œuvre de l’avis relatif au mur se conçoit essentiellement, pour les Etats, en terme <em>d’obligations</em> telles qu’elles sont constatées par la Cour
    internationale de Justice<a href="#_ftn2">[2]</a>.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    A la suite du prononcé de la décision sur le Mur, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté, à une très large majorité<a href="#_ftn3">[3]</a>, la résolution ES 10/15 par laquelle elle
    «&nbsp;prend acte de l’avis consultatif donné par la Cour internationale de Justice&nbsp;»<a href="#_ftn4">[4]</a>. Par cette résolution, l’Assemblée «&nbsp;demande à tous les États Membres de
    l’Organisation des Nations Unies de s’acquitter de leurs <em>obligations juridiques</em> telles qu’elles sont énoncées dans l’avis consultatif»<a href="#_ftn5">[5]</a>. Cet élément de la
    résolution est fondamental, puisqu’il indique que les Etats qui ont voté en sa faveur, parmi lesquels on compte l’ensemble des Etats membres de l’UE, se reconnaissent effectivement liés par les
    obligations qui sont énoncées à leur charge dans l’avis de la Cour<a href="#_ftn6">[6]</a>.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    De l’avis de la CIJ et de la résolution ES 10/15 de l’AG des Nations Unies, on peut donc dégager à charge des Etats membres de l’Union européenne les obligations internationales suivantes,
    conçues comme constituant dans leur chef la conséquence juridique du caractère illicite de la construction par Israël du mur en territoire palestinien occupé&nbsp;:
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    - l'obligation de ne pas reconnaître la situation illicite découlant de la construction du mur&nbsp;;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    - l’obligation de ne pas prêter aide ou assistance au maintien de la situation créée par cette construction&nbsp;;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    - l'obligation de faire respecter par Israël le droit international humanitaire incorporé dans la quatrième convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre,
    du 12 août 1949&nbsp;;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    - l’obligation de veiller à ce qu'il soit mis fin aux entraves, résultant de la construction du mur, à l'exercice par le peuple palestinien de son droit à l'autodétermination&nbsp;;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    - l’obligation, au sein des Nations Unies, d’examiner quelles nouvelles mesures doivent être prises afin de mettre un terme à la situation illicite découlant de la construction du mur.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    Tandis que les deux premières obligations visent un&nbsp; devoir d’abstention (obligation de ne pas faire), les trois dernières impliquent de la part des Etats l’adoption d’un comportement actif
    visant à amener Israël à se conformer au droit international. Dans la suite du rapport, nous examinerons successivement le respect par l’UE et ses Etats membres de ces deux catégories
    d’obligations.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <b>I. Le respect par l’Union européenne de ses obligations d’abstention concernant la situation illicite créée par la construction du mur en territoire palestinien</b>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    Comme on l’a montré, l’UE et ses Etats membres sont tenus par un devoir d’abstention qui se composent de deux obligations distinctes&nbsp;: ne pas reconnaître la situation illégale créée par la
    construction du mur (A) ni prêter aide ou assistance au maintien de cette situation (B).
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <b>A. Le respect par l’Union européenne et ses Etats membres de leur obligation de ne pas reconnaître la situation illicite créée par la construction du mur</b>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    L’illicéité de la construction du mur implique que les Etats n’admettent aucun effet juridique à la situation de fait établie par cette construction. Cette obligation découle du fait que, comme
    l’a constaté la CIJ, «&nbsp;le tracé choisi pour le mur consacre sur le terrain les mesures illégales prises par Israël et déplorées par le Conseil de sécurité [l’installation de colonies de
    peuplement]&nbsp;» et que le mur «&nbsp;dresse ainsi un obstacle grave à l'exercice par le peuple palestinien de son droit a l'autodétermination<a href="#_ftn7">[7]</a>&nbsp;» de même qu’il viole
    le droit international humanitaire et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques<a href="#_ftn8">[8]</a>. Selon la commission du droit international, cette obligation
    «&nbsp;vise non seulement la reconnaissance officielle de ces situations mais aussi l’interdiction de tous actes qui impliqueraient une telle reconnaissance&nbsp;»<a href="#_ftn9">[9]</a>.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    La vérification du respect de cette obligation suppose d’analyser les positions prises par l’UE et ses Etats membres, en relation avec la construction du mur par Israël. A cet égard, il ne semble
    pas que les déclarations ou les actes adoptés par l’UE ou ses Etats membres traduisent une quelconque reconnaissance juridique de la situation illégale établie par l’érection du mur. Comme on l’a
    vu, les Etats membres de l’UE ont voté en faveur de la résolution ES 10-15 de l’AG des Nations Unies qui prend acte de l’avis de la CIJ et ont depuis lors approuvé, au sein de l’UE, plusieurs
    déclarations réaffirmant l’illicéité de la construction du mur par Israël. Ainsi, lors du sommet tenu à Bruxelles en juin 2005, le Conseil européen a énoncé&nbsp;:
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    «&nbsp;Le Conseil européen, tout en reconnaissant le droit d'Israël de protéger ses citoyens contre des attentats, demeure préoccupé par la poursuite de la construction de la barrière de
    séparation dans le territoire palestinien occupé, y compris à Jérusalem-Est et dans ses alentours, en contradiction avec les dispositions pertinentes du droit international. […]
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    Le Conseil européen réitère l'importance qu'il attache au respect de la légalité internationale par les parties. En particulier, aucune partie ne devrait entreprendre des mesures unilatérales ni
    préjuger des questions relatives au statut final. L'Union européenne ne reconnaîtra aucune modification des frontières de 1967 autre que celles qui sont négociées entre les parties&nbsp;»<a href=
    "#_ftn10">[10]</a>.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    Dans le même sens, le Conseil des affaires étrangères du 8 décembre 2009 a rappelé «&nbsp;que les colonies de peuplement et la barrière de séparation ont été érigées sur des terres occupées, que
    la démolition de maisons et les expulsions sont illégales au regard du droit international, qu'elles constituent un obstacle à la paix et menacent de rendre impossible une solution fondée sur la
    coexistence de deux États&nbsp;»<a href="#_ftn11">[11]</a>.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    On peut dès lors conclure que l’UE et ses Etats membres ont satisfait à leur obligation de ne pas reconnaître comme valide la situation illégale créée par la construction du mur en territoire
    palestinien occupé.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <b>B.</b> <b>Le respect par l’Union européenne et ses Etats membres de leur obligation de ne pas prêter aide ou assistance</b> <b>au maintien de la situation créée par</b> <b>la construction du
    mur</b>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    La construction du mur par Israël établissant une situation illégale, les Etats tiers ne peuvent prêter aucune aide ou assistance au maintien de cette situation. Cette obligation «&nbsp;vise les
    comportements qui, <em>ex post facto</em>, aident l’Etat responsable à maintenir une situation&nbsp;» qui se prolonge en violation du droit international<a href="#_ftn12">[12]</a>. En l’espèce,
    ce serait notamment le cas d’Etats qui offriraient à Israël une aide financière ou une assistance technique dédiée aux travaux de construction du mur. A notre connaissance, aucune aide de ce type
    n’est accordée à Israël par l’UE ou ses Etats membres, de sorte que l’on doit considérer que ceux-ci respectent leurs obligations internationales à cet égard.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <b>II.</b> <b>Le respect par l’Union européenne et ses Etats membres de leurs obligations de faire respecter le droit international par Israël</b>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <b>&nbsp;</b>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    Le second volet des obligations qui s’imposent aux Etats consiste à faire respecter par Israël le droit international humanitaire et le droit du peuple palestinien à l’autodétermination. L’avis
    de la CIJ souligne la fait que ces obligations doivent être mises en œuvre par les Etats individuellement ou collectivement, notamment au sein des Nations Unies.&nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    L’obligation de faire respecter le droit international humanitaire prend sa source dans l’article 1<sup>er</sup> commun aux conventions de Genève<a href="#_ftn13">[13]</a>, qui énonce&nbsp;que
    «&nbsp;les Hautes Parties contractantes s'engagent à respecter et à faire respecter la présente Convention en toutes circonstances&nbsp;». Selon le <em>Commentaire</em> des Conventions de Genève,
    «&nbsp;si une Puissance manque à ses obligations, les autres Parties contractantes (neutres, alliées ou ennemies) peuvent elles - et doivent elles - chercher à la ramener au respect de la
    Convention&nbsp;»<a href="#_ftn14">[14]</a>. Cela implique que les Etats «&nbsp;fassent […] <em>tout ce qui est en leur pouvoir</em> pour que les principes humanitaires qui sont à la base des
    Conventions soient universellement appliqués&nbsp;»<a href="#_ftn15">[15]</a>.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    L’obligation de veiller à la&nbsp;mise en œuvre du droit du peuple palestinien à l’autodétermination découle, selon la Cour, de son caractère d’obligation <em>erga omnes</em> et du principe
    énoncé par la résolution 2625&nbsp;(XXV) de l’AG des Nations Unies, selon laquelle «&nbsp;tout Etat a le devoir de favoriser, conjointement avec d'autres Etats ou séparément, la réalisation du
    principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, conformément aux dispositions de la Charte&nbsp;»<a href="#_ftn16">[16]</a>.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    La difficulté posée par la mise en œuvre de ces deux obligations réside en ce qu’elles constituent des obligations de comportement ou de moyen, consistant à déployer une diligence raisonnable
    afin d’obtenir le respect de l’obligation internationale en cause. A cet égard, les mesures à déployer afin d’amener l’Etat concerné à respecter ses engagements ne sont pas prédéfinies, et sont
    tributaires des moyens à la disposition des Etats, dans les circonstances particulières de l’espèce<a href="#_ftn17">[17]</a>. Ainsi, si la Cour indique dans son avis qu’il faudra «&nbsp;examiner
    quelles nouvelles mesures doivent être prises afin de mettre un terme à la situation illicite découlant de la construction du mur et du régime qui lui est associé&nbsp;», elle ne détermine pas en
    quoi devraient consister ces «&nbsp;nouvelles mesures&nbsp;»<a href="#_ftn18">[18]</a>.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    Concernant l’obligation de faire respecter le droit humanitaire, les mesures pouvant contribuer à en assurer la mise en œuvre qui sont évoquées par la doctrine sont de nature très variées quant à
    leur portée coercitive, et vont des condamnations publiques aux contre-mesures, en passant par les mesures de rétorsion (rupture des relations diplomatiques, non renouvellement d’avantages,…) ou
    encore la saisine du Conseil de sécurité<a href="#_ftn19">[19]</a>. S’y ajoutent des mesures propres au droit international humanitaire, comme la convocation d’une Conférence des Hautes Parties
    contractantes, l’établissement d’une commission d’établissement des faits ou la répression des infractions graves de droit humanitaire<a href="#_ftn20">[20]</a>. Concernant l’obligation relative
    à la mise en œuvre du droit à l’autodétermination du peuple palestinien, elle se limite, selon le texte de la résolution 2625 déjà cité, à un «&nbsp;devoir de favoriser&nbsp;» ce droit,
    «&nbsp;conjointement avec d'autres Etats ou séparément&nbsp;».
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    La portée exacte des obligations mises à la charge des Etats par l’avis de la CIJ demeure assez floue quant aux mesures précises que leur respect impose d’adopter<a href="#_ftn21">[21]</a>. Il
    n’est dès lors guère aisé de fixer le minimum attendu des Etats pour satisfaire leur obligation de «&nbsp;faire respecter&nbsp;» le droit humanitaire ou de «&nbsp;favoriser&nbsp;» le droit à
    l’autodétermination ? Toutefois, s’agissant de véritables <em>obligations</em>, on peut considérer qu’il est requis des Etats qu’ils adoptent, dans le respect du droit international, les mesures
    raisonnablement envisageables qui sont de nature à inciter effectivement l’Etat concerné à respecter le droit international. Il est <em>a fortiori</em> exigé que les Etats s’abstiennent d’actes
    qui iraient à l’encontre de l’objectif d’incitation au respect du droit humanitaire et du droit à l’autodétermination.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    A l’heure actuelle, il faut partir du constat qu’Israël n’a pas mis fin à la construction du Mur, qui s’est poursuivie depuis 2004, ce qui signifie que les mesures prises jusqu’à présent se sont
    révélées inefficaces. Dans les lignes qui suivent, nous examinerons tout d’abord, quelles sont les actions effectivement entreprises par l’UE et ses Etats membres en vue de mettre en œuvre leurs
    obligations énoncées dans l’avis (1). Ensuite, nous examinerons si d’autres mesures plus efficaces sont raisonnablement à la disposition de l’UE et ses Etats membres afin de faire respecter par
    Israël ses obligations internationales (2). Enfin, nous vérifierons si l’UE et ses Etats membres ont adopté des mesures pouvant être considérées comme allant à l’encontre de l’objectif d’amener
    Israël à respecter le droit humanitaire et le droit à l’autodétermination du peuple palestinien (3). La conjonction de ces trois éléments nous permettra de faire une évaluation de la manière dont
    l’UE et ses Etats membres ont rempli leurs obligations de faire respecter le droit humanitaire et de favoriser le droit à l’autodétermination par Israël.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <b>1. Les mesures prises par l’UE et ses Etats membres pour faire respecter le droit international par Israël en relation avec la construction du mur</b>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    La première mesure à avoir été adoptée par les Etats de l’UE est le vote en faveur de la résolution de l’AG des Nations Unies ES 10/15 du 20 juillet 2004. Cette résolution prévoit la mise en
    œuvre de deux mesures particulières&nbsp;: une demande adressée au Secrétaire général de créer un registre des dommages subis par la population palestinienne et une invitation faite à la Suisse,
    en tant que dépositaire des Conventions de Genève, à conduire des consultations et à faire rapport sur les moyens d’assurer le respect du droit humanitaire dans l’affaire en cause.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    Le Registre des dommages a été créé en décembre 2006 par la résolution ES-10/17, en faveur de laquelle les Etats de l’UE ont voté<a href="#_ftn22">[22]</a>. Comme le précise le préambule de la
    résolution, cette mesure s’inscrit dans la mise en œuvre de l’avis de la CIJ, en particulier son paragraphe 153, et des principes du droit humanitaire et des droits de l’homme<a href=
    "#_ftn23">[23]</a>. En juin 2009, environ 1500 plaintes avaient été enregistrées<a href="#_ftn24">[24]</a>. Il faut toutefois noter qu’en l’absence de toute coopération d’Israël, le dédommagement
    effectif des populations palestiniennes affectées par la construction du Mur risque bien de rester lettre morte.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    La seconde demande, adressée à la Suisse, a conduit à la publication par cette dernière d’un Rapport en juillet 2005 relatif aux consultations menées à l’égard des Etats Parties quant aux moyens
    d’assurer le respect par Israël de la 4<sup>e</sup> Convention de Genève, en particulier en relation avec la construction du mur<a href="#_ftn25">[25]</a>. Sans entrer dans le détail de
    l’analyse<a href="#_ftn26">[26]</a>, le Rapport rendu par la Suisse n’a débouché sur aucune recommandation précise quant à l’adoption de mesures concrètes visant à inciter Israël à respecter le
    droit humanitaire, et ce en raison de l’absence de consensus parmi les Etats.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    Au delà de l’appui aux mesures prévues par la résolution ES-10/15, la politique de l’UE s’est limitée à réitérer sa condamnation de l’édification du Mur dans plusieurs déclarations consacrées au
    processus de paix au Moyen-Orient<a href="#_ftn27">[27]</a>.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <b>2. L’abstention de prendre d’autres mesures à la disposition de l’UE et de ses Etats membres susceptibles de contribuer à faire respecter ses obligations internationales par Israël</b>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    La politique de l’UE décrite ci-dessus, qui a consisté essentiellement en l’adoption de déclarations de condamnation, ayant démontré son inefficacité, il est nécessaire de vérifier si d’autres
    mesures étaient raisonnablement disponibles, mesures qui auraient davantage pu contribuer à inciter Israël à se conformer aux prescrits du droit international.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    Parmi les moyens de «&nbsp;sanction&nbsp;» dont dispose les Etats afin de signifier leur réprobation face à une violation grave du droit international figure la prise de mesures de
    <em>rétorsion</em>, qui se définissent comme des actes inamicaux licites en eux-mêmes, pris en réaction à un acte inamical ou illicite<a href="#_ftn28">[28]</a>. Dans le cas présent, ces mesures
    pourraient consister en la suppression d’avantages commerciaux. On pense en particulier à la possibilité de dénonciation ou de suspension de l’Accord d’association conclu par l’Union européenne
    avec Israël<a href="#_ftn29">[29]</a>&nbsp;, qui accorde aux parties une série d’avantages économiques et douaniers. Une telle mesure ne soulèverait guère de difficultés juridiques, dans la
    mesure où l’article 82 de l’Accord autorise «&nbsp;chacune des Parties [à] dénoncer l’accord en notifiant son intention à l’autre partie&nbsp;», l’accord cessant «&nbsp;d’être applicable six mois
    après cette notification&nbsp;». Le recours à la possibilité de dénoncer l’Accord d’association s’impose d’autant plus que son article 2 précise que «&nbsp;les relations entre les parties, de
    même que toutes les dispositions du présent accord, se fondent sur le respect des droits de l'homme et des principes démocratiques, qui inspire leurs politiques internes et internationales et qui
    constitue un élément essentiel du présent accord&nbsp;» et que son préambule souligne «&nbsp;l’importance que les parties attachent […] aux principes de la charte des Nations Unies&nbsp;».
    L’existence d’une décision de la CIJ établissant dans le chef d’Israël de multiples violations des droits de l’homme et du droit humanitaire et le refus persistant d’Israël d’y mettre fin rend
    difficilement justifiable le fait que l’UE s’abstienne de conditionner toute poursuite de l’application de l’Accord au respect du droit international.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    On constate que des mesures conformes au droit international sont à la disposition de l’UE, mais que celle-ci ne préfère pas, par choix politique, y avoir recours, officiellement pour favoriser
    le processus de négociation<a href="#_ftn30">[30]</a>. La poursuite du processus de paix est en effet souvent invoquée pour tolérer la continuation de violations d’obligations
    internationales<a href="#_ftn31">[31]</a>, dont la Cour a pourtant souligné le caractère d’obligations <em>erga omnes<a href="#_ftn32"><b>[32]</b></a></em>. Cette attitude a été sévèrement
    critiquée par un groupe de huit experts et rapporteurs spéciaux de l’ONU dans le domaine des droits de l’homme, dans une déclaration publiée en août 2005&nbsp;:
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    «&nbsp;In large measure it seems that the ICJ's Opinion has been ignored in favour of negotiations conducted in terms of the Road Map process. The exact nature of these negotiations is unclear
    but it seems that they are not premised on compliance with the Opinion of the ICJ. They seem to accept the continued presence of some settlements, which were found by the ICJ to be unlawful, and
    by necessary implication the continued existence of some parts of the wall in Palestinian territory. In short, there seems to be an incompatibility between the Road Map negotiations and the
    Court's Opinion […]&nbsp;»<a href="#_ftn33">[33]</a>.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    Dans cette mesure, il est essentiel que l’UE, notamment au sein du Quartet, promeuve un processus de négociation qui se fonde sur le respect immédiat par Israël de ses obligations
    internationales, en particulier la cessation de la construction du mur en territoire palestinien occupé qui, comme l’a souligné la CIJ, vient renforcer l’installation illégale de colonies et
    «&nbsp;risque également de conduire à de nouvelles modifications dans la composition démographique du territoire palestinien occupé&nbsp;»<a href="#_ftn34">[34]</a>. En s’abstenant d’exiger que
    tout processus de paix prenne appui sur le respect préalable par Israël de ses obligations internationales, l’UE manque à son devoir de faire respecter le droit humanitaire et de favoriser le
    droit à l’autodétermination du peuple palestinien.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <b>&nbsp;</b>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <b>3. L’adoption par l’UE de mesures allant à l’encontre de l’objectif de respect du droit international par Israël</b>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <b>&nbsp;</b>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    Depuis l’avis rendu par la CIJ, non seulement l’UE n’a pas envisagé de prendre des mesures de rétorsion à l’égard d’Israël, mais en outre elle a choisi de lui accorder des avantages politiques et
    économiques supplémentaires. Le 8 décembre 2008, le Conseil de l’UE a décidé de procéder à un rehaussement de ses relations bilatérale avec Israël, en vue du renforcement des structures du
    dialogue politique avec cet Etat<a href="#_ftn35">[35]</a>. Cet approfondissement des relations implique notamment la tenue annuelle d’un sommet au niveau des chefs d’Etat, de&nbsp;trois réunions
    au niveau des ministres des Affaires étrangères, l’invitation d’experts israéliens aux réunions de groupes de travail traitant de questions telles que le processus de paix au Proche-Orient, les
    droits de l’homme ou la lutte contre le terrorisme, l’invitation à l’alignement d’Israël sur les positions de l’UE en matière de politique étrangère et de sécurité commune ou encore la mise
    en&nbsp; œuvre d’efforts en vue d’une normalisation du statut d’Israël au sein du système institutionnel des Nations Unies. De manière tout à fait paradoxale, la décision du Conseil souligne que
    «&nbsp;ce rehaussement doit être fondé sur les valeurs partagées des deux parties, en particulier sur la démocratie et le respect des droits de l’Homme, de l’Etat de droit et des libertés
    fondamentales, la bonne gouvernance et le droit humanitaire international&nbsp;», tandis qu’à l’occasion de ce même sommet, le Conseil a condamné la politique israélienne de colonisation comme
    «&nbsp;contraire au droit international&nbsp;» et compromettant «&nbsp;la création d’un Etat palestinien viable&nbsp;». La conclusion d’un accord donnant à Israël un statut privilégié auprès de
    l’Union, supposé fondé sur le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire, alors même que cet Etat est convaincu de violer de manière grave ces droits et n’offre nullement
    de mettre fin à ces violations apparaît&nbsp; être en claire violation de l’obligation de l’UE et de ses Etats membres de faire respecter la 4<sup>e</sup> Convention de Genève et de favoriser le
    droit à l’autodétermination du peuple palestinien. Depuis l’avènement du gouvernement mis en place par B. Netanyahu, il semble que la mise en œuvre du rehaussement des relations avec Israël ait
    été freinée par les autorités européennes<a href="#_ftn36">[36]</a>. Mais en l’absence d’une décision officielle de suspendre ou rapporter la décision de rehaussement, celle-ci demeure en son
    principe et continue à poser problème avec les engagements internationaux de l’UE et ses Etats membres.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <b>Conclusions</b>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    Au terme du présent rapport, il est permis de tirer les conclusions suivantes concernant la responsabilité internationale de l’UE et de ses Etats membres en relation avec la construction par
    Israël du Mur en territoire palestinien occupé&nbsp;:
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <em>- les obligations internationales auxquelles sont tenus l’UE et ses Etats membres&nbsp;:</em>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    Au regard des principes de droit international pertinents, appliqués dans l’avis de la Cour internationale de Justice du 9 juillet 2004 et repris dans la résolution ES-10/15 de l’AG des Nations
    Unies, l’UE et ses Etats membres sont tenus par l'obligation de ne pas reconnaître la situation illicite découlant de la construction du mur et de ne pas prêter aide ou assistance au maintien de
    la situation créée par cette construction, de même qu’ils sont tenus par une obligation de faire respecter par Israël le droit international humanitaire et une obligation de veiller à ce qu'il
    soit mis fin aux entraves à l'exercice par le peuple palestinien de son droit à l'autodétermination. Enfin, il incombe l’obligation d’examiner au sein des Nations Unies quelles nouvelles mesures
    doivent être prises afin de mettre un terme à la situation illicite découlant de la construction du mur.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <em>- la responsabilité internationale de l’UE et de ses Etats membres au regard de ces obligations&nbsp;:</em>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    1° Compte tenu des déclarations répétées condamnant l’illégalité de la construction du Mur, l’UE et ses Etats membres ont satisfait à leur obligation de ne pas reconnaître comme valide la
    situation illégale créée par la construction du mur en territoire palestinien occupé&nbsp;;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    2° Il n’existe aucun élément permettant de conclure au manquement par l’Union européenne et ses Etats membres de leur obligation de ne pas prêter aide ou assistance au maintien de la situation
    créée par la construction du mur&nbsp;;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    3° En s’abstenant de prendre des mesures efficaces visant à inciter Israël à respecter le droit international, comme la suspension de l’Accord d’association, l’UE et ses Etats membres violent
    leur obligation de faire respecter le droit international humanitaire et de favoriser le droit à l’autodétermination du peuple palestinien&nbsp;;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    4° En promouvant, au sein du Quartet, un processus de paix qui n’exige pas d’Israël la cessation immédiate de la construction du Mur et qui en tolère la poursuite, l’UE et ses Etats membres
    violent leur obligation de faire respecter le droit international humanitaire et de favoriser le droit à l’autodétermination du peuple palestinien&nbsp;;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    5° En accordant des avantages complémentaires à Israël au terme d’un accord de rehaussement qui se présente comme fondé sur le respect du droit international humanitaire alors même que ce droit
    est violé par cet Etat de manière grave et persistante, l’UE et ses Etats membres violent leur obligation de faire respecter le droit international humanitaire et de favoriser le droit à
    l’autodétermination du peuple palestinien.
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p><br>
  <hr size="1">
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref1">[1]</a> C.I.J., <em>Conséquences juridiques de l’édification d’un mur dans le Territoire palestinien occupé</em>, Avis consultatif du 9 juillet
    2004, <a href="http://www.icj-cij.org/">http://www.icj-cij.org</a>.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref2">[2]</a> Voy. R. O’KEEFE, «&nbsp;Legal Consequences of the Construction of a Wall in the Occupied Palestinian Territory&nbsp;: A
    Commentary&nbsp;», <em>R.B.D.I.</em>, 2004/1, pp. 142-146&nbsp;; V. LOWE, «&nbsp;The significance of the Advisory Opinion on the Legal Consequences of the Construction of a Wall in the Occupied
    Palestinian Territory&nbsp;: A Legal Analysis&nbsp;», <em>in</em> Implementing the ICJ Advisory Opinion on the Legal Consequences of the Construction of a Wall in the Occupied Palestinian
    Territory — The role of Governments, intergovernmental organizations and civil society, Report, 27 may 2005, United Nations, International Meeting, on the Question of Palestine, Geneva, 8 and 9
    March 2005, <a href="http://domino.un.org/UNISPAL.NSF/frontpage5%21OpenPage">http://domino.un.org/UNISPAL.NSF/frontpage5!OpenPage</a>, pp. 22-24&nbsp;; P. WECKEL, «&nbsp;Chronique de
    jurisprudence internationale&nbsp;», <em>R.G.D.I.P.</em>, 2004,&nbsp; p.1035.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref3">[3]</a> 150 voix pour, 6 contre (Etats-unis, Israël, Austraie, Palau, Micronesie, Iles Marshall) et 10 abstentions.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref4">[4]</a> A/RES/ES-10/15, Avis consultatif de la Cour internationale de Justice&nbsp; sur les Conséquences juridiques de l’édification d’un
    mur&nbsp; dans le territoire palestinien occupé, y compris à l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, 20 juillet 2004.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref5">[5]</a> Nous soulignons.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref6">[6]</a> Voy. P. BEKKER, «&nbsp;The ICJ's Advisory Opinion regarding Israel's West Bank Barrier and the Primacy of International Law&nbsp;»,
    <em>in</em> Implementing the ICJ Advisory Opinion on the Legal Consequences of the Construction of a Wall in the Occupied Palestinian Territory — The role of Governments, intergovernmental
    organizations and civil society, <em>op. cit.</em>, pp. 64-70&nbsp;; M. HMOUD, «&nbsp;The significance of the Advisory Opinion rendered by the ICJ on the legal consequences of the construction of
    a Wall in the Occupied Palestinian Territory&nbsp;», <em>in</em> Implementing the ICJ Advisory Opinion on the Legal Consequences of the Construction of a Wall in the Occupied Palestinian
    Territory — The role of Governments, intergovernmental organizations and civil society, <em>op. cit.</em>, 53-60.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref7">[7]</a> Avis, § 122.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref8">[8]</a> Avis, § 137.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref9">[9]</a> Commission du droit international, <em>Projet d’articles sur la responsabilité de l’Etat pour fait internationalement illicite et
    commentaires y relatifs</em>, 2001, p. 309.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref10">[10]</a> Conseil européen de Bruxelles, Conclusions de la présidence, 16 et 17 juin 2005, Annexe IV, 10255/05.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref11">[11]</a> Conclusions du Conseil des Affaires étrangères sur le processus de paix au Proche-Orient, 8 décembre 2009, 17281/09.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref12">[12]</a> Commission du droit international, <em>op. cit.</em>, p.&nbsp;313.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref13">[13]</a> Voy. Avis, § 158. Voy. aussi C.I.J., affaire des <em>Activités militaires et paramilitaires au Nicaragua et contre
    celui-ci</em><em>Rec. 1986</em>, § 220&nbsp;; L. BOISSON DE CHAZOURNES et L. CONDORELLI, «&nbsp;Quelques remarques à propos de l’obligation des Etats de “respecter et faire respecter” le droit
    international humanitaire “en toutes circonstances”&nbsp;», <em>in Studies and Essays on International Humanitarian Law ans Red Cross Principles in Honour of Jean Pictet</em>, Geneva-The Hague,
    Martinus Nijhof Publishers, 1984, pp. 17-35&nbsp;; L. BOISSON DE CHAZOURNES et L. CONDORELLI, «&nbsp;Common Article 1 of the Geneva Conventions revisited&nbsp;: Protecting Collective
    Interests&nbsp;», <em>I.R.R.C.</em>, 2000, pp. 67-89&nbsp;; N. LEVRAT, «&nbsp;Les conséquences de l’engagement pris par les Hautes Parties contractantes de “faire respecter” les Conventions
    humanitaires&nbsp;», <em>in</em> F. KALSHOVEN and Y. SANDOZ (Eds), <em>Implementation of International Humanitarian Law</em>, Dordercht/Boston/London, Martinus Nijhof Publishers, 1989,
    267-269&nbsp;; E. DAVID, <em>Principes de droit des conflits armés</em>, 3<sup>e</sup> ed., Brussels, Bruylant, 2002, pp.&nbsp;562-569.</span> (Nicaragua c. États-Unis),
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref14">[14]</a> J. PICTET (Dir.), <em>Les Conventions de Genève du 12 août 1949, Commentaire,</em> vol. IV, Genève, CICR, 1956, 21.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref15">[15]</a> <em>Ibidem</em>, nous soulignons.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref16">[16]</a> Avis consultatif, § 156. Voy. M. CHEMILLER-GENDREAU, «&nbsp;Responsibility of Governments and intergovernmental organizations in
    upholding international law&nbsp;» <em>in</em> Implementing the ICJ Advisory Opinion on the Legal Consequences of the Construction of a Wall in the Occupied Palestinian Territory — The role of
    Governments, intergovernmental organizations and civil society, <em>op. cit.</em>, pp.&nbsp; 71 et s.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref17">[17]</a> See N. LEVRAT, <em>op. cit.</em>, pp. 275-281.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref18">[18]</a> See P. WECKEL, <em>op. cit.</em>, p. 1036.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref19">[19]</a> Voy. U. PALWANKAR, «&nbsp;Mesures auxquelles peuvent recourir les Etats pour remplir leur obligation de faire respecter le droit
    international humanitaire&nbsp;», <em>I.R.R.C.</em>, 1994, pp. 11-27&nbsp;; L. BOISSON DE CHAZOURNES et L. CONDORELLI, <em>op. cit.</em>, pp.&nbsp;76-84.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref20">[20]</a> See L. BOISSON DE CHAZOURNES and L. CONDORELLI, <em>op. cit.</em>, p.&nbsp;77&nbsp;; N. LEVRAT, <em>op. cit.</em>,
    pp.&nbsp;281-293.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref21">[21]</a> A. IMSEIS, «&nbsp;Critical Reflections on the International Humanitarian Law Aspects of the ICJ Wall Advisory Opinion&nbsp;»,
    <em>A.J.I.L.</em>, 2005, pp.&nbsp;114-117.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref22">[22]</a> A/RES/ES-10/17 du 15 décembre 2006.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref23">[23]</a> Article 3 du Règlement de La Haye de 1907 concernant les lois et coutumes de la guerre sur terre, et article 29 de la 4<sup>e</sup>
    Convention de Genève de1949.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref24">[24]</a> Voy. OCHA, <em>Five Years after the International Court of Justice Advisory Opinion. A Summary of the Humanitarian Impact of the
    Barrier</em>, United Nations, July 2009, p.&nbsp;30.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref25">[25]</a> Rapport de la Suisse, en sa qualité de Dépositaire&nbsp; des Conventions de Genève, en application&nbsp; de la résolution ES-10/15 de
    l’Assemblée générale, Annexe à la lettre datée du 30 juin 2005,&nbsp; adressée au Président de l’Assemblée générale&nbsp; par le Représentant permanent de la Suisse&nbsp; auprès de l’Organisation
    des Nations Unies A/ES-10/304, 5 juillet 2005.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref26">[26]</a> Pour une analyse plus approfondie du rapport, voy. Fr. DUBUISSON, «&nbsp;The Implementation of the Advisory Opinion of the
    International Court of Justice concerning <em>the Legal Consequences of the Construction of a Wall in the Occupied Palestinian Territory</em>&nbsp;», <em>Palestine Yearbook of International Law
    2004-2005</em>, vol. XIII, 2007, pp. 27-54.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref27">[27]</a> Voy. notamment Conclusions du Conseil des Affaires étrangères sur le processus de paix au Proche-Orient, 8 décembre 2009, 17281/09, § 6
    ; Conclusions du Conseil Affaires générales et relations extérieures sur le processus de paix au Moyen-Orient, 23 avril 2007, <a href=
    "http://register.consilium.europa.eu/servlet/driver?lang=FR&amp;ssf=DATE_DOCUMENT+DESC&amp;fc=REGAISFR&amp;srm=25&amp;md=400&amp;typ=Simple&amp;cmsid=638&amp;ii_PUBLIC_DOC=%3E0&amp;ff_TITRE=orient+conclusions&amp;ff_FT_TEXT=&amp;ff_SOUS_COTE_MATIERE=&amp;dd_DATE_REUNION=&amp;rc=5&amp;nr=44&amp;page=Detail">
    8768/07, § 7</a>; Conclusions du Conseil Affaires générales et relations extérieures sur le Moyen-Orient, 22 janvier 2007, 5548/07, § 6 ; Conclusions du Conseil Affaires générales et relations
    extérieures sur le Moyen-Orient, 10 avril 2006, 8228/06, p. 3; Conclusions du Conseil Affaires générales et relations extérieures sur le Moyen-Orient, 21 novembre 2005, 14754/05, § 7.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref28">[28]</a> Voy. J. SALMON (Dir.), <em>Dictionnaire de droit international public</em>, Brussels, Bruylant, 2001, p. 1007.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref29">[29]</a> Accord euro-méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et leurs États membres, d'une part, et l'État
    d'Israël, d'autre part, <em>J.O.C.E.</em>, 21 juin 2000, L.147/3. Sur cette question, voy. aussi M. CHEMILLER-GENDREAU, <em>op. cit.</em></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref30">[30]</a> Voy. par exemple la réponse du Ministre belge des Affaires étrangères concernant la position européenne&nbsp;:</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;">«&nbsp;Le Conseil européen des 16 et 17 juin 2005, dans sa Déclaration sur le processus de paix au Proche-Orient, a souligné que "tout en reconnaissant à Israël le
    droit d’assurer la sécurité de ses citoyens, il demeurait préoccupé par la poursuite de la construction de la barrière de séparation dans le territoire palestinien occupé, y compris à
    Jérusalem-Est et dans ses alentours, en contradiction avec les dispositions pertinentes du droit international".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;">Membre de l’Union, la Belgique souscrit bien sûr à cette déclaration et demeure vigilante à l’égard de tous les développements susceptibles de menacer le processus
    de paix au Moyen-Orient.&nbsp; La poursuite de cette construction, en contribuant à la dégradation des conditions de vie des Palestiniens et en risquant de créer un fait accompli est de nature à
    rendre plus difficiles encore les efforts de la Communauté internationale et notamment ceux du quartet USA-UE-ONU-Russie, en faveur d’une paix juste et durable au Moyen-Orient.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;">Ni les sanctions, ni une éventuelle activation de la clause de l’Accord d’Association UE-Israël relative au respect des Droits de l’homme ne nous semblent cependant
    opportunes. La raison en est notamment que des développements positifs, certes relatifs, ont été constatés depuis le Sommet de Sharm el-Sheikh entre Mahmoud Abbas et Ariel Sharon, en février
    dernier. Le Conseil européen des 16 et 17 juin 2005, dans sa Déclaration sur le Proche-Orient, prend acte de ces développements positifs&nbsp;» (Réponse à la demande d’explications de M.
    Christian Brotcorne au ministre des Affaires étrangères sur "l’avis rendu par la Cour internationale de Justice le 9 juillet 2004 relatif au mur de séparation construit par Israël" (n° 3-960), 15
    juillet 2005, Sénat de Belgique).</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref31">[31]</a> Sur ce point, voy. M. KOHEN, «&nbsp;The Advisory Opinion provides the legal framework for the Israëli-Palestinian conflict&nbsp;»,
    <em>in</em> Implementing the ICJ Advisory Opinion on the Legal Consequences of the Construction of a Wall in the Occupied Palestinian Territory — The role of Governments, intergovernmental
    organizations and civil society, <em>op. cit.</em>, pp.&nbsp;88-92.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref32">[32]</a> Avis, §§ 155-157.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref33">[33]</a> UN Experts Mark Anniversary of ICJ "Wall Opinion"&nbsp;: Call on Israël to Halt Construction of the Wall, HR/05/092, 4 August 2005,
    Special Rapporteur on the situation of human rights in the Palestinian territories occupied since 1967 Prof. John Dugard, Special Rapporteur on adequate housing as a component of the right to an
    adequate standard of living Mr. Miloon Kothari, Special Rapporteur on violence against women, its causes and consequences Ms. Yakin Erturk, Special Rapporteur on the right to education Mr. Vernor
    Munoz Villalobos, Special Rapporteur on the right of everyone to the enjoyment of the highest attainable standard of physical and mental health Mr. Paul Hunt, Special Rapporteur on contemporary
    forms of racism, racial discrimination, xenophobia and related intolerance Mr. Doudou Diène, Chairperson, Rapporteur, Working Group on arbitrary detention Ms. Leila Zerrougui, Special Rapporteur
    on trafficking in persons, especially in women and children Ms. Sigma Huda.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref34">[34]</a> Avis, § 122.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref35">[35]</a> Conclusions du Conseil – Renforcement des relations bilatérales de l’Union européenne avec ses partenaire méditéranéens,
    2915<sup>e</sup> session, 8-9 décembre 2008.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><a href="#_ftnref36">[36]</a> Voy. «&nbsp;EU-Israel meeting ends with no progress on 'upgrade'&nbsp;», 16 juin 2009, http://euobserver.com/9/28310.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;">&nbsp;</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 26 Mar 2010 09:48:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.tribunalrussell-france.org/article-la-complicite-passive-de-l-union-europeenne-carte-blanche-a-israel-47413867.html</guid>
                <category>UNION EUROPEENNE</category>        <comments>http://www.tribunalrussell-france.org/article-la-complicite-passive-de-l-union-europeenne-carte-blanche-a-israel-47413867-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les occasions manquées de l'Union européenne]]></title>
        <link>http://www.tribunalrussell-france.org/article-les-occasions-manquees-de-l-union-europeenne-47379868.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: left;">
    <img src="http://img.over-blog.com/199x300/3/29/15/65/Francis_Wurtz_Front_de_Gauche_2009-03-08.jpg" class="GcheTexte" alt="Francis Wurtz Front de Gauche 2009-03-08" height="300" width=
    "199"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: #993300;">Témoignage de Francis Wurtz, ancien membre du Parlement Européen, lors de la session de Barcelone du tribunal Russell sur la
    Palestine (1er-3 mars 2010).</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>Monsieur le Président,
  <p>
    Mesdames et Messieurs les membres du Jury,
  </p>
  <p>
    Mesdames, Messieurs,&nbsp;
  </p>
  <p>
    Je tiens tout d'abord à remercier les organisateurs de ce Tribunal Russell sur la Palestine - et tout particulièrement mon ami Pierre Galand - de me donner l'occasion de témoigner devant vous sur
    la part de responsabilité qui incombe, à mes yeux, à l'Union européenne dans la perpétuation des violations à grande échelle du droit international par les dirigeants israéliens en
    Palestine.&nbsp; J'évoquerai notamment les <b>occasions manquées</b> par l'UE de contribuer à atteindre un objectif <b>&nbsp;toujours réaffirmé et jamais concrétisé</b>; la construction d'un Etat
    palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.&nbsp; Je le ferai à partir de mon expérience de député honoraire au Parlement européen: j'y ai siégé depuis la première
    élection, en 1979, jusqu'en juin dernier, et j'y ai présidé, ces dix dernières années, le groupe politique - GUE-NGL - qui s'est le plus investi dans les enjeux dont nous parlons aujourd'hui.
  </p>Le moment actuel se prête particulièrement à une telle initiative.&nbsp; Cela fait plus de 21 ans que le Conseil national palestinien proclama, à Alger, l'Etat palestinien; fit sienne la
  résolution 242 du conseil de Sécurité; rejeta le terrorisme et reconnut le droit d'Israël à l'existence par la formule "Deux Etats pour deux peuples"&nbsp; Vingt et un ans!
  <p>
    C'est il y a 35 ans, que se situe un précédent tournant dans la lutte du peuple palestinien pour son Etat, avec la reconnaissance, par l'ONU, de l'OLP.&nbsp; A noter, déjà, dans la foulée de cet
    événement, l'abstention collective des pays de la Communauté européenne dans le vote d'une résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies soulignant l'importance d'associer les Palestiniens
    à toute négociation de paix au Proche Orient.
  </p>Enfin, il y a plus de cinq ans que disparaissait celui qui incarna non seulement les deux étapes historiques que je viens de rappeler mais toute la lutte de son peuple pour son Etat et ses
  droits fondamentaux, Yasser Arafat.<br>
  Or, le temps joue contre une solution juste au problème palestinien.&nbsp; Il favorise au contraire la banalisation de l'illégalité de l'occupation et de toutes ses conséquences.&nbsp; Des
  initiatives fortes sont donc d'une importance cruciale pour rappeler le droit, mobiliser les opinions publiques en sa faveur et placer ainsi les principaux dirigeants politiques concernés face à
  leurs responsabilités.
  <p>
    Je rappelais, à l'instant, que dès 1974 à l'ONU, la Communauté européenne avait brillé par sa frilosité à l'égard de la cause&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; palestinienne et j'évoquais, depuis
    lors, les "occasions manquées" par l'Union européenne pour contribuer à l'émergence d'un Etat palestinien.&nbsp; Pour autant, cette attitude n'est pas linéaire.&nbsp; Le Conseil européen de
    Venise, en 1980, constitue, à cet égard, une référence.&nbsp; La déclaration alors adoptée reconnaissait <b>le droit du peuple palestinien à l'autodétermination.</b>&nbsp; L'UE a également
    reconnu l'OLP et s'est prononcée pour un Etat palestinien <b>avant et contre les Etats-Unis.&nbsp;</b> A plus forte raison, certains Etats membres ont-ils joué, à certaines périodes, un rôle de
    premier plan.&nbsp; En particulier la France: en 1974, elle est le premier pays occidental à rencontrer officiellement Yasser Arafat.&nbsp; En 1989, c'est à Paris que le Président de l'OLP
    qualifie de "caduque" la Charte nationale palestinienne qui appelait à "liquider la présence sioniste en Palestine" - ce qui illustre la confiance que le leader palestinien témoignait à ce pays
    comme acteur en faveur d'une paix juste et durable.
  </p>Il en va différemment par la suite.&nbsp; Non seulement, l'Union européenne va clairement <b>se désengager</b> &nbsp;politiquement du problème palestinien, mais <b>même ses Etats membres</b>
  jusqu'alors enclins à jouer un rôle dans la région, adopteront un profil bas.&nbsp; L'Union européenne cherchera à <b>compenser ce désengagement</b> politique par l'augmentation <b>de son aide</b>
  financière - quitte à assister, sans coup férir, à la destruction de nombre de ses propres réalisations par les bombardements israéliens.
  <p>
    Mais force est de constater que l'aide seule, même sensiblement revalorisée, n'a permis aux Palestiniens ni de recouvrer leurs droits fondamentaux ni même d'améliorer leur existence.&nbsp;
    L'engagement politique est incontournable.&nbsp; Il ne sert à rien d'exhiber la "générosité du donateur" européen "principal bailleur de fonds" de l'Autorité palestinienne.&nbsp; C'est d'abord
    sur le terrain politique qu'on juge l'Europe.&nbsp; Et sur ce terrain, le jugement ne peut qu'être sévère.
  </p>Dès le début des années 90 - sans doute pour compenser l'effet de la guerre du Golfe dans le monde arabe - c'est paradoxalement l'administration américaine - celle de G. Bush senior - qui fait
  ce à quoi l'Europe s'est toujours refusée: il impose des sanctions financières à Israël pour obliger le gouvernement Shamir à s'asseoir à la table de négociations à Madrid.&nbsp; L'Union européenne
  observe.
  <p>
    Puis, sous l'ère Clinton, l'UE se contente d'accompagner les initiatives des Etats- Unis.&nbsp; Mais c'est sous le règne de Georges W. Bush que son mouvement de retrait est le plus net et,
    parfois, le plus révoltant.
  </p>La constitution en 2003, du "Quartet" - attelage baroque de trois entités étatiques: Etats-Unis, UE, Russie et des Nations Unies- aurait du être saisie comme levier pour faire valoir les
  aspects novateurs de la "Feuille de route" par rapport au processus d'Oslo qui a échoué. Celle-ci avait, en effet, fixé d'emblée comme objectif la création de l'Etat palestinien en 2005.&nbsp; Elle
  avait fait référence à l' "Initiative de Paix arabe" sur laquelle je reviendrai.&nbsp; Elle avait prévu un mécanisme de suivi de l'application des décisions.&nbsp; Loin de prendre appui sur ces
  avancées pour agir, l'UE s'est servie du Quartet pour se fondre dans un ensemble totalement aux mains de Washington.&nbsp; Elle a ainsi renoncé de fait à toute initiative politique dans la région.
  <p>
    Dans ce cadre, l'UE a été par exemple chargée de gérer les points de passage à Gaza.&nbsp; Les troupes israéliennes en ont décidé autrement: l'UE s'est inclinée, acceptant de fait le blocus
    enfermant 1,5 millions de personnes dans une prison à ciel ouvert.&nbsp; Elle a été, à une autre occasion, autorisée à être représentée par son "Haut représentant pour la PESC", M. Solana, à une
    rencontre du Quartet avec les responsables israéliens.&nbsp; Ceux-ci ont mis comme condition à la présence de l'Européen qu'il ne dise rien.&nbsp; Il s'est tu.&nbsp; Suprême honneur, les
    Etats-Unis ont proposé que ce soit un Européen qui représente le Quartet dans la région - à l'instar d'une méthode éprouvée dans le cadre de l'OTAN -.&nbsp; Ce fut Tony Blair, une fois retraité
    du 10, Downing Street.&nbsp; Vérification faite sur place: il n'y fut guère présent physiquement et totalement absent politiquement.
  </p>Mais il n'est rien de plus éclairant, au sujet de l'incohérence de l'engagement politique de l'UE dans la construction d'un Etat palestinien, que son inertie, voire son irresponsabilité, face
  aux occasions qui se sont présentées, à plusieurs reprises, de prendre ou de reprendre l'initiative.&nbsp; Quelques rappels pour illustrer mon propos:
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Officiellement, l'UE n'a jamais dérogé à sa position de principe: la seule solution au conflit est - aujourd'hui comme hier, à ses yeux -, dans un accord mettant fin à l'occupation depuis 1967 et
    dans la formule de deux Etats indépendants vivant côte à côte.
  </p>Qu'en est-il à présent de ses initiatives politiques tant face aux obstacles majeurs mis à la réalisation de cette solution que face aux <b>occasions propices à sa promotion?</b>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <ul>
    <li>En 2002, la Mouqata'a, siège du Président palestinien élu, est encerclée, bombardée, réduite en ruines.&nbsp; Aucune réaction de sa part hormis des protestations convenues et qu'elle savait
    sans effet.
    </li>
    <li>Les missiles tombent sur les bâtiments présidentiels y compris lorsque l'émissaire européen, M. Moratinos, s'entretient avec Yasser Arafat.&nbsp; Pas de réaction.
    </li>
    <li>Sharon isole totalement Arafat et ses proches pendant 33 jours et menace de tout détruire.&nbsp; Quelques téléphones s'animent - dont celui de diplomates européens sur place, eux même
    consternés par la paralysie de leurs supérieurs.
    </li>
    <li>Mais c'est là encore - c'est un comble! - de Washington que finit par arriver la réaction décisive.&nbsp; Condoleeza Rice reçoit l'ordre - de peur sans doute d'une incontrôlable explosion de
    colère dans le monde arabe en cas d'issue fatale de cette incroyable agression - d'adresser à Sharon un message enfin comminatoire: "levez le siège! Rendez-vous à Washington! S'opposer à la
    demande du Président (Bush) constituerait un désastre pour Israël!"&nbsp; Menace assortie d'une promesse: celle d'empêcher la mise en place d'une commission d'enquête internationale sur le
    massacre de Jénine, perpétré quelques mois plus tôt...
    </li>
  </ul>
  <p>
    Le pire sera&nbsp; provisoirement évité à Ramallah.
  </p>
  <ul>
    <li>Il n'empêche, cinq mois plus tard, un nouveau siège de 10 jours aura lieu, l'eau et l'électricité seront à nouveau coupées.&nbsp; A nouveau, la menace de tout faire sauter se fait de plus en
    plus pressante.&nbsp; Au total, un champ de ruines - expression de la rage de l'occupant de ne pouvoir éliminer physiquement ce symbole vivant de la légitimité palestinienne.
    </li>
  </ul>
  <p>
    Pas de réaction européenne autre que protocolaire.
  </p>
  <ul>
    <li>
      <span style="color: #993300;"><b>Comment l'UE peut-elle se dire engagée dans la construction d'un Etat palestinien et laisser s'accomplir un tel forfait sans mobiliser et ses instruments
      institutionnels et l'opinion publique elle-même.&nbsp; C'est à mes yeux &nbsp;- outre la non assistance à personne en danger de mort -une faute stratégique impardonnable.</b></span>
    </li>
  </ul>
  <p>
    Et ce d'autant plus que, pendant la même période, se produit un autre événement de portée exceptionnelle, positif celui-là: <span style="text-decoration: underline;">l</span><b>a Déclaration de
    Beyrouth du 18/03/2002</b> par laquelle tous les Etats de la Ligue arabe proposent de normaliser leurs relations avec Israël contre l'application par Israël des résolutions de Conseil de
    Sécurité; en particulier le retour aux frontières d'avant la guerre de 1967.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Le gouvernement Sharon rejette l'initiative arabe de paix d'un revers de manche.&nbsp; Ce n'est pas une surprise.&nbsp; <b>Mais comment justifier que l'UE, elle, ne se saisisse pas de cette
    avancée considérable pour saisir l'ONU, les Etats, les opinions publiques, les média, proposer que sais-je une Conférence internationale? - bref, pour s'engager!</b>
  </p>En avril de la même année, <b>le Parlement européen (PE) demandera au Conseil européen de suspendre l'Accord d'Association UE-Israël</b> en faisant jouer l'article 2 de cet accord - ce qu'on
  appelle la clause des droits de l'homme.&nbsp; Refus du Conseil, non seulement de suivre la demande du PE, mais même de réunir le Conseil d'Association pour en discuter.
  <p>
    En 2005, les diplomates européens en poste à Jérusalem-Est et à Ramallah rédigent un rapport qui détaille toutes les mesures prises par les autorités israéliennes à Jérusalem -développement des
    colonies dans et autour de la ville; construction du mur; planification des routes; régime des permis de résidence; démolition de maisons; expulsions de familles; fermeture des institutions
    palestiniennes... -.&nbsp; Le rapport met toutes ces mesures en perspective et apporte ainsi la preuve qu'elles s'inscrivent dans un plan stratégique visant à couper la partie palestinienne de la
    ville de la Cisjordanie, à rendre irréversible son annexion par Israël et, par la même, à rendre impossible tout Etat acceptable par quelque Palestinien que ce soit.
  </p>Le rapport se conclut par un véritable cri d'alarme et par des recommandations concrètes, des propositions d'initiatives pour enrayer ce projet scélérat.
  <p>
    Le rapport - confidentiel - est adressé au Conseil et à M. Solana.&nbsp; Celui-ci refuse de le valider et de le rendre public.&nbsp; Une fuite nous permet d'en révéler la teneur en séance
    plénière.&nbsp; Le rapport sera, par la suite, publié mais suivi d'aucun effet.&nbsp; Depuis, chaque année, les diplomates en poste réitèrent et mettent à jour le document en question et
    l'assortissent de recommandations très précises et très pertinentes. A ce jour, leur démarche est restée lettre morte.&nbsp; Comment qualifier une telle attitude?
  </p>Rappelons, pour mémoire, que la "Feuille de route" établie par le "Quartet" prévoyait la constitution de l'Etat palestinien à la fin de cette même année 2005...
  <p>
    Arrive l'année 2006.&nbsp; Elle commence bien.&nbsp; Les élections tant souhaitées par l'UE ont bien lieu et se déroulent bien, de l'avis de tous les observateurs - en particulier
    européens.&nbsp; Le Hamas, dont l'UE souhaitait la participation au scrutin, accepte de jouer le jeu.&nbsp; Seul problème: le résultat n'est pas celui que nous souhaitions tous.&nbsp; Mais
    c'était le résultat d'une élection démocratique.
  </p>Or, non seulement l'UE ne reconnait pas le gouvernement qui en est issu.&nbsp; Elle rejette même la plate-forme permettant de constituer un gouvernement d'unité nationale élaborée
  miraculeusement l'année suivante, avec l'aide précieuse de Marwan Barghouti qui a inspiré le "document (dit) des prisonniers" accepté par le Hamas et qui se situe explicitement "dans les frontières
  de 1967" - ce qui constituait l'annonce d'une reconnaissance de facto d'Israël.
  <p>
    Insuffisant et inacceptable dit-on à Tel-Aviv comme à Washington.&nbsp; Le jusqu'au boutisme israélo-américain sera entièrement repris à son compte par l'UE, malgré l'insistance du Président de
    l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui s'est personnellement déplacé en Europe pour plaider sa cause.
  </p>L'UE, qui reste naturellement toujours favorable au principe des deux Etats..., attendra donc que la solution parfaite lui tombe du ciel comme la manne du désert.
  <p>
    En revanche, la même année - on ne l'apprendra qu'un an plus tard - elle n'attend pas pour engager des discussions avec les dirigeants israéliens au sujet de la demande de ceux-ci de voir
    revaloriser substantiellement&nbsp; les relations de leur Etat avec l'UE.&nbsp; Cet "upgrading" doit toucher tous les domaines: économique, commercial, scientifique, technologique, énergétique
    mais aussi celui de la politique extérieure et de la défense.
  </p>C'est en juin 2008 que ce rehaussement du statut d'Israël à celui de "quasi-Etat membre" - l'expression est de M. Solana - devait être officiellement lancé.
  <p>
    Nous l'apprenons un mois plus tôt, alors qu'une délégation officielle du PE, représentative de tous les groupes politiques de l'assemblée, s'apprête à effectuer en Palestine une visite
    approfondie.&nbsp; A l'issue de ce séjour, nous proposons à la délégation, sous le choc de ce qu'elle vient de voir et d'entendre sur le terrain, d'inclure dans sa Déclaration finale, une adresse
    au Conseil, le sommant de surseoir à son projet de "rehaussement" des relations avec Israël tant que des changements notables et tangibles de sa politique ne soient effectivement
    intervenus.&nbsp; La délégation unanime approuve cette démarche.&nbsp; Le Conseil ne réagit pas.&nbsp; "Business as usual."
  </p>C'est sous présidence française, le 4/12/2008, que le PE est appelé à donner son aval à ce projet.&nbsp; Nous rappelons en séance plénière la position unanime de la délégation officielle du
  Parlement sur place et proposons à l'assemblée de voter le retrait de ce point de son ordre du jour tant que les progrès attendus ne se seront pas concrétisés.&nbsp; La majorité du PE nous
  suit.&nbsp; En principe, tout est réglé.
  <p>
    Mais 4 jours après, Bernard Kouchner, alors président en exercice du Conseil "Affaires générales", passe outre et fait adopter au Conseil la Déclaration suivante:
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <em>"Conformément à l'engagement politique qu'il a pris le 16 juin dernier, (...) le Conseil réaffirme sa détermination à rehausser le niveau et l'intensité de sa relation bilatérale avec Israël,
    à la faveur de l'adoption du nouvel instrument qui succèdera à l'actuel plan d'action, à compter d'avril 2009.&nbsp; <b>Ce rehaussement doit être fondé sur les valeurs partagées des deux parties,
    en particulier sur la démocratie et le respect des droits de l'homme, de l'Etat de droit et des libertés fondamentales, la bonne gouvernance et le droit humanitaire international.</b>
    <span style="text-decoration: underline;"><br></span></em>
  </p>
  <p>
    <em>Ce rehaussement doit également être conçu et perçu dans le contexte de la gamme complète de nos intérêts et objectifs communs.&nbsp; Ceux-ci incluent notamment <b>la résolution du conflit
    israélo-palestinien à travers la mise en œuvre de la solution fondée sur la construction de deux Etats, la promotion de la paix, de la prospérité et de la stabilité au Proche Orient."</b></em>
  </p>Vivement interpellé à ce sujet, le Ministre des Affaires étrangères français répondra que cette initiative ne recouvrait <b>"aucune signification politique"</b> et qu'un rehaussement semblable
  des relations interviendrait également avec les Palestiniens, même si cela serait plus compliqué étant donné qu'ils n'ont pas d'Etat!
  <p>
    Trois jours plus tard, Madame Tzipi Livni, alors ministre des affaires étrangères d'Israël, explicitera dans une interview à une radio militaire, <b>&nbsp;sa vision de l'Etat palestinien</b> en
    ces termes.
  </p><em>"Ma solution pour préserver le caractère juif et démocratique d'Israël, ce sont deux entités nationales distinctes (...)&nbsp; Nous pourrons alors dire à ceux que nous appelons les Arabes
  d'Israël: la solution à vos aspirations nationales se trouvent ailleurs."</em><br>
  <p>
    Quelques jours encore, et ce sera la guerre de Gaza.&nbsp; L'UE annoncera "une pause" dans le processus d' "upgrading" des relations UE-Israël.
  </p>
  <p>
    Parmi les occasions à saisir pour placer les dirigeants face à leurs responsabilités au regard du droit international et que l'UE a délibérément laissé passer, on pourrait encore citer les
    nombreuses prises de position d'institutions internationales: depuis <b>l'arrêt de la Cour Internationale de Justice au sujet du "Mur" jusqu'à la résolution sans précédent de l'Agence
    Internationale de l'Energie atomique</b> du 18 septembre dernier demandant à Israël - qui s'est doté de l'arme nucléaire en toute illégalité - de se soumettre comme les autres à un contrôle de
    l'AIEA, en passant par le Rapport Goldstone accusant, au nom du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, Israël de crimes de guerre à Gaza.&nbsp; Sur aucun de ces cas de violations,
    exceptionnellement graves et reconnues, du droit international, l'UE n'a pris l'initiative de contribuer à permettre à la Justice de suivre son cours.
  </p>
  <p>
    L'UE n'a même pas profité de l'occasion en or&nbsp; offerte par le Président Obama - lorsque celui-ci, à l'opposé de son prédécesseur, a exhorté Israël à "geler les activités de colonisation" et
    à "refréner les actes de provocations à Jérusalem-Est"&nbsp; - pour montrer à la face du monde le front commun des démocraties occidentales sur ces sujets emblématiques.&nbsp; Elle s'est
    contentée de cosigner le énième communiqué du "Quartet", depuis longtemps décrédibilisé.
  </p>
  <p>
    Ironie du sort: l'UE va peut-être, sous peu, se voir contrainte de croiser le fer avec son "quasi-membre" sur ce sujet si sensible des colonies, à la suite d'un petit conflit commercial local -
    apparemment "sans signification politique"&nbsp; comme aurait dit M. Kouchner - mais qui est en passe de se muer en bataille stratégique européenne.
  </p>
  <p>
    Au départ, il y a une modeste livraison d'appareils permettant de gazéifier l'eau plate fabriqués par la société Soda-club et destinés à la société allemande Brita.&nbsp; Etant estampillée "made
    in Israël", cette marchandise entre en principe dans l'UE en franchise de droits, en vertu des accords passés entre les deux partenaires.
  </p>
  <p>
    Le problème apparait lorsque les services des douanes allemands demandent à leurs homologues israéliens si le lieu de fabrication de ces produits ne serait pas une colonie.&nbsp; N'obtenant pas
    de réponse, ces fonctionnaires au comportement digne de la rigueur allemande, appliquent à la marchandise concernée les droits de douanes prévus par la loi - entrainant ipso facto le dépôt d'une
    plainte de la société importatrice auprès du tribunal de Hambourg.
  </p>
  <p>
    Celui-ci, très logiquement, s'est tourné vers la Cour de Justice des Communautés européennes dont il attend une "décision préliminaire" avant de statuer.&nbsp; Cette décision est attendue ces
    prochains mois: <b>allons-nous, en plein pré-processus de rehaussement des relations UE-Israël, voir émerger une jurisprudence "eau gazeuse" de la Cour rappelant au Conseil européen ses propres
    positions officielles - à savoir le refus de toute banalisation de la colonisation des territoires palestiniens?&nbsp; Cela se pourrait</b><span style="text-decoration: underline;">.</span>&nbsp;
    D'autant que l'Avocat général de la Cour a brillamment plaidé en ce sens.
  </p><span style="color: #888888;"><br>
  <span style="color: #000000;">Mesdames, Messieurs,</span></span>
  <p>
    <span style="color: #000000;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #000000;">Pendant la guerre de Gaza, le Secrétaire Général de l'ONU, M. Ban Ki-Moon, avait lancé un appel aux "partenaires internationaux" dont il estimait qu'ils "n'ont pas
    fait assez.&nbsp; Ils doivent faire davantage.&nbsp; Ils doivent utiliser tous les moyens possibles".&nbsp; La porte-parole du chef de la diplomatie européenne, Madame Cristina Gallach, avait
    plaidé l'indulgence: "l'impuissance n'est pas spécifique à l'UE, elle est le fait de tout le monde.".&nbsp; Pour plagier un slogan altermondialiste bien connu, je dirais: "une autre ambition est
    possible!"&nbsp; Aussi à l'avenir, instruits par l'expérience, si nous voulons encore croire à un Etat palestinien digne de ce nom, attachons-nous plus que jamais à nourrir le débat citoyen, le
    débat de société, le débat public européen et international à partir des faits et à la lumière du droit: c'est notre seul espoir de changer la donne.&nbsp; Je me réjouis que ce colloque
    s'inscrive dans cette perspective.&nbsp; Je vous remercie.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #000000;">&nbsp;</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 25 Mar 2010 18:04:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.tribunalrussell-france.org/article-les-occasions-manquees-de-l-union-europeenne-47379868.html</guid>
                <category>UNION EUROPEENNE</category>        <comments>http://www.tribunalrussell-france.org/article-les-occasions-manquees-de-l-union-europeenne-47379868-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Six questions pour le jury de Barcelone]]></title>
        <link>http://www.tribunalrussell-france.org/article-six-questions-pour-le-jury-de-barcelone-45208444.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="justify">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Les six membres du jury du tribunal Russell sur la Palestine :</span></span></span>
  </p><br>
  <ul>
    <li>
      <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%;" align="justify">
        <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #800000;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><b>Mairead Corrigan Maguire</b></span></span>
        <span style="font-family: verdana,geneva;">Prix Nobel de la Paix en 1976, Irlande du Nord</span></span></span>
      </p>
    </li>
    <li>
      <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%;" align="justify">
        <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #808000;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><b>Juan Tapia Guzman</b></span></span> <span style=
        "font-family: verdana,geneva;">juge, Chili</span></span></span>
      </p>
    </li>
    <li>
      <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%;" align="justify">
        <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #800000;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><b>Gisèle Halimi</b></span></span> <span style=
        "font-family: verdana,geneva;">avocate, ancien ambassadeur auprès de l’UNESCO, France</span></span></span>
      </p>
    </li>
    <li>
      <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%;" align="justify">
        <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #808000;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><b>Cynthia McKinney</b></span></span> <span style=
        "font-family: verdana,geneva;">femme politique américaine, Green Party, USA</span></span></span>
      </p>
    </li>
    <li>
      <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%;" align="justify">
        <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #800000;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><b>Michael Mansfield</b></span></span> <span style=
        "font-family: verdana,geneva;">avocat, Président de Haldane Society of Socialist Lawyers, Grande-Bretagne</span></span></span>
      </p>
    </li>
    <li>
      <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%;" align="justify">
        <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #808000;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><b>José&nbsp;Antonio Martin Pallin</b></span></span>
        <span style="font-family: verdana,geneva;">Magistrado Emérito Sala II, Cour Suprême, Espagne</span></span></span>
      </p>
    </li>
    <li>
      <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%;" align="justify">
        <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #800000;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><b>Ronnie Kasrils</b></span></span>, <span style=
        "font-family: verdana,geneva;">Auteur et activiste, Afrique du Sud,</span></span></span>
      </p>
    </li>
    <li>
      <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%;" align="justify">
        <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #808000;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><b>Aminata Traoré</b><span style=
        "color: #000000;">,</span></span></span> <span style="font-family: verdana,geneva;">Auteur, femme politique et activiste, Mali</span></span></span>
      </p>
    </li>
  </ul>
  <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="justify">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">auront à répondre aux six questions suivantes :<br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="justify">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="justify">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">1. L’Union européenne et ses Etats membres ont-ils manqué à leur obligation de promouvoir
    et de faire respecter le droit du peuple palestinien à l’autodétermination&nbsp;? Ont-ils coopéré afin de mettre fin à toute violation grave de ce droit&nbsp;? Ont-ils prêté aide ou assistance à
    une violation de ce droit&nbsp;?</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="justify">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="justify">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">2. L’Union européenne et ses Etats membres ont-ils manqué à leur obligation de faire
    respecter le droit international humanitaire à l’égard du peuple palestinien en ce qui concerne le blocus de la bande de Gaza et l’opération militaire israélienne «&nbsp;Plomb durci&nbsp;» qui
    s’est déroulée du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009&nbsp;? Ont-ils coopéré afin de mettre fin à toute violation grave de ce droit&nbsp;? Ont-ils prêté aide ou assistance à une violation de ce
    droit&nbsp;?</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="justify">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="justify">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">3. L’Union européenne et ses Etats membres ont-ils manqué à leur obligation de faire
    respecter le droit international humanitaire et le droit du peuple palestinien à la souveraineté sur ses ressources naturelles en ce qui concerne l’installation de colonies de peuplement et de
    pillage des ressources naturelles par Israël dans les Territoires palestiniens&nbsp;? Ont-ils coopéré afin de mettre fin à toute violation grave de ces droits&nbsp;? Ont-ils prêté aide ou
    assistance à une violation de ces droits&nbsp;?</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="justify">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="justify">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">4. L’Union européenne et ses Etats membres ont-ils manqué à leur obligation de faire
    respecter le droit international humanitaire, le principe de non acquisition de territoire par la force et le droit à l’autodétermination du peuple palestinien en ce qui concerne l’annexion par
    Israël de Jérusalem-Est&nbsp;? Ont-ils coopéré afin de mettre fin à toute violation grave de ces droits&nbsp;? Ont-ils prêté aide ou assistance à une violation de ces
    droits&nbsp;?</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="justify">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="justify">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">5. L’Union européenne et ses Etats membres ont-ils manqué à leur obligation de faire
    respecter le droit international en ce qui concerne l’édification du mur par Israël dans les Territoires palestiniens&nbsp;? Ont-ils coopéré afin de mettre fin à toute violation grave de ce
    droit&nbsp;? Ont-ils prêté aide ou assistance à une violation de ce droit&nbsp;?</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="justify">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 115%; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="justify">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">6. Au regard de ce qui précède, l’Union européenne et ses Etats membres ont-ils manqué à
    leur obligation de faire respecter le droit international et le droit européen dans le cadre des accords signés entre l’Union européenne et l’Etat israélien&nbsp;? &nbsp;</span></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 18 Feb 2010 18:16:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.tribunalrussell-france.org/article-six-questions-pour-le-jury-de-barcelone-45208444.html</guid>
                <category>UNION EUROPEENNE</category>        <comments>http://www.tribunalrussell-france.org/article-six-questions-pour-le-jury-de-barcelone-45208444-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Contradictions dans les positions prises par l'UE sur le processus de paix au Proche-Orient]]></title>
        <link>http://www.tribunalrussell-france.org/article-contradictions-dans-les-positions-prises-par-l-ue-sur-le-processus-de-paix-au-proche-orient-37336131.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: georgia,palatino;"><a href="http://fr.euromedrights.org/index.php/news/emhrn_releases/emhrn_statements_2009/3536.html"><b><img src=
  "http://idata.over-blog.com/3/29/15/65/euromed.gif" class="noAlign" width="447" height="52"></b></a><br>
  <br>
  <a href="http://fr.euromedrights.org/index.php/news/emhrn_releases/emhrn_statements_2009/3536.html"><b>Un rapport du réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme</b></a><br>
  <br>
  Ce document pointe neuf contradictions dans la position de l’Union Européenne sur le Processus de paix au Moyen Orient, définie ces dernières années par les conclusions du Conseil de l’UE. Il met
  en avant des recommandations concrètes pour les rectifier. Ce document a été préparé par un groupe de 15 organisations européennes et internationales travaillant dans les domaines de l’humanitaire,
  du développement, des&nbsp; droits humains et de promotion de la paix, avec des programmes et des partenaires en Israël et dans le Territoire Palestinien Occupé (TPO). Basé sur une analyse des
  conclusions du Conseil des Affaires Générales et des Relations Extérieures de l’UE sur le PPMO, ce document n’a pas pour objet de fournir une analyse exhaustive de toutes les contradictions, mais
  d’en relever certaines, parmi les plus significatives.<br></span></span>]]></description>
        <pubDate>Sun, 11 Oct 2009 12:48:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.tribunalrussell-france.org/article-contradictions-dans-les-positions-prises-par-l-ue-sur-le-processus-de-paix-au-proche-orient-37336131.html</guid>
                <category>UNION EUROPEENNE</category>        <comments>http://www.tribunalrussell-france.org/article-contradictions-dans-les-positions-prises-par-l-ue-sur-le-processus-de-paix-au-proche-orient-37336131-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>
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